Wuzhishan

Wuzhishan

La rédaction de Travel to Hainan

Mis Ă  jour: 2026-08-16

Guide de voyage Wuzhishan : au cƓur de l’üle tropicale, lĂ  oĂč la montagne respire

Nous avons quittĂ© les plages de sable blanc et les cocktails au bord de la piscine pour nous enfoncer dans l’inattendu. Direction Wuzhishan, la « ville de la forĂȘt tropicale », nichĂ©e au centre de Hainan. Ce n’est pas une escale balnĂ©aire de plus : c’est un rendez-vous avec l’üle la plus sauvage, la plus verte, la plus parfumĂ©e aussi. Ici, pas de gratte-ciel ni de boulevards touristiques. À la place, un massif montagneux qui culmine au sommet de Hainan, un parc national de jungle humide, et une culture li et miao qui se vit au quotidien, dans les cuisines, les marchĂ©s et les riziĂšres en terrasses.

Notre guide de voyage Wuzhishan commence par une mise au point : ce territoire est le poumon Ă©cologique de l’üle. Les locaux le disent avec fiertĂ©, et on les comprend dĂšs la premiĂšre montĂ©e. La route serpente entre des parois de vĂ©gĂ©tation dense, oĂč chaque virage dĂ©voile une nuance de vert inĂ©dite. Nous avons roulĂ© fenĂȘtres ouvertes, l’air chargĂ© d’humiditĂ© et de senteurs de terre chaude. C’est un choc sensoriel bienvenu aprĂšs le sel marin de Sanya.

Un festin qui vient de la montagne, pas de la mer

Si vous pensez que la cuisine de Hainan se rĂ©sume aux fruits de mer, dĂ©trompez-vous. À Wuzhishan, l’assiette raconte la forĂȘt. Le premier soir, nous avons dĂźnĂ© dans une petite Ă©choppe tenue par une famille li, et c’est lĂ  que nous avons goĂ»tĂ© au fameux wujiao zhu (äș”脚çŒȘ), le « cochon Ă  cinq pattes » – surnom donnĂ© Ă  cette race locale au ventre si bas qu’il semble traĂźner au sol, comme une cinquiĂšme jambe. La viande, ferme et lĂ©gĂšrement sucrĂ©e, est rĂŽtie lentement, puis coupĂ©e en morceaux gĂ©nĂ©reux. On la dĂ©guste avec une sauce au piment et Ă  l’ail, accompagnĂ©e d’une montagne de lĂ©gumes sauvages (野菜) cueillis le matin mĂȘme. Nous avons reconnu des pousses de fougĂšre, des feuilles de patate douce, et une plante amĂšre dont notre hĂŽtesse n’a pas su nous donner le nom en mandarin – elle a ri, et nous avons compris que certains secrets restent dans la forĂȘt.

Autre incontournable : le shanlan jiu (汱慰酒), un vin de riz fermentĂ© dans des jarres, prĂ©parĂ© par les communautĂ©s li et miao. Il se boit tiĂšde ou Ă  tempĂ©rature ambiante, dans de petits bols en cĂ©ramique. Son goĂ»t ? Doux, lĂ©gĂšrement pĂ©tillant, avec une finale qui rappelle la noix de coco fraĂźche. Attention, il monte Ă  la tĂȘte plus vite qu’on ne le croit. Nous avons trinquĂ© avec nos voisins de table, et c’est lĂ  que nous avons compris que Wuzhishan ne se visite pas, elle se partage. Un conseil : demandez Ă  visiter une cave de fermentation artisanale – Ă  vĂ©rifier sur place selon la saison, mais les habitants sont souvent ravis de montrer leurs jarres.

Marcher dans la canopée, entre racines et brume

Le lendemain, nous avons chaussĂ© nos baskets pour une randonnĂ©e dans le parc national de la forĂȘt tropicale. Le sentier principal est bien balisĂ©, mais ne vous attendez pas Ă  une promenade de santĂ©. Nous avons grimpĂ© pendant deux bonnes heures sous un couvert vĂ©gĂ©tal dense, les pieds glissant parfois sur les racines humides. Et puis, au dĂ©tour d’un virage, la brume s’est levĂ©e, dĂ©voilant une vue plongeante sur les crĂȘtes environnantes. Il y avait un silence Ă©trange, Ă  peine troublĂ© par le cri d’un oiseau inconnu. C’est un dĂ©tail que seuls les vrais visiteurs connaissent : au sommet, le vent souffle par rafales soudaines, et il faut tenir son chapeau – littĂ©ralement. Nous avons croisĂ© un groupe de randonneurs chinois qui partageaient des tranches de pastĂšque, et ils nous en ont offert une. On n’oublie pas ce goĂ»t de fruit frais au milieu de la jungle.

La descente nous a menĂ©s Ă  un village miao oĂč les maisons sur pilotis s’accrochent Ă  la pente. Les habitants tissent encore des brocarts selon des motifs ancestraux. Nous avons achetĂ© un petit bracelet en coton teintĂ© – 20 yuans, sans marchander. Il est devenu notre porte-bonheur pour la suite du voyage.

Conseil pratique : quand y aller et comment s’y prĂ©parer

La meilleure pĂ©riode pour visiter Wuzhishan s’étend de novembre Ă  mars. C’est la saison sĂšche, avec des tempĂ©ratures agrĂ©ables en journĂ©e (autour de 20-25 °C) et des nuits fraĂźches en altitude. Le reste de l’annĂ©e, la pluie est frĂ©quente et les sentiers deviennent glissants. Comptez un budget moyen d’environ 100 yuans par jour pour la nourriture et les petits achats – c’est l’une des destinations les moins chĂšres de Hainan.

Pour vous y rendre : depuis Sanya ou Haikou, des bus directs relient la ville, mais la voiture de location reste plus pratique pour explorer les villages environnants. PrĂ©voyez des chaussures de randonnĂ©e impermĂ©ables, un coupe-vent, et un rĂ©pulsif contre les moustiques – nous avons regrettĂ© de ne pas en avoir pris davantage. Et surtout, apprenez quelques mots de base en mandarin ou en li : un simple « merci » (xiĂšxie) accompagnĂ© d’un sourire ouvre bien des portes dans les Ă©choppes familiales.

Prochaine Ă©tape : redescendre vers la cĂŽte, ou s’enfoncer encore plus ?

AprĂšs Wuzhishan, deux options s’offrent Ă  vous. Soit vous redescendez vers l’est et les plages de Wanning ou Xinglong, rĂ©putĂ©es pour leurs plantations de cafĂ© et leurs criques sauvages. Soit vous poussez vers le nord-ouest, en direction de Baisha et de ses forĂȘts primaires, encore moins frĂ©quentĂ©es. Nous avons choisi la premiĂšre option, mais une chose est sĂ»re : Wuzhishan nous a laissĂ© une empreinte durable, celle d’une Hainan que les brochures touristiques oublient trop souvent. Si vous cherchez un guide de voyage Wuzhishan qui sorte des sentiers battus, commencez par ici – et laissez la montagne faire le reste.

Points forts

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